Wow les moteurs! Québec, une société distincte, même sur le plan des transports.

Car crash

Malgré que l’industrie du taxi ne mérite aucun capital de sympathie en raison de son service chroniquement déficient, son lobby a gagné la bataille en diabolisant Uber. La bataille épique entre Québec et Uber est un exemple classique de bénéfices concentrés et de coûts diffus.

D’une part, une poignée de chauffards, habitués aux techniques de guérilla urbaine, tiennent en otage la population. Alors qu’Uber semble avoir l’appui d’une grande part de la population dans la mesure que la société se conforme aux lois, récolte les taxes de vente et pait sa juste part d’impôt. Le gouvernement doit écouter les parties prenantes et règlementer en fonction de l’intérêt publique. Les chauffeurs de taxis ont des droits, mais on devrait tout autant écouter la population, particulièrement les usagers. Dans la mesure qu’un nouveau service apporte des bénéfices nets à la population, le gouvernement aurait pu réallouer une partie des bénéfices pour compenser les perdants. Nous n’avons malheureusement pas réussi à se défaire d’un système de l’offre archaïque. On a plutôt choisi de taxer la mobilité urbaine, limiter la concurrence et de couper les jambes du taxi pirate! Toute la population ne le réalisera pas, mais il y aura des coûts directs et indirects de protéger cette industrie. L’approche d’Uber est agressive, mais ce « vilain »  a le mérite d’avoir forcé l’industrie d’évoluer. La qualité des services de l’industrie a davantage progressé au cours deux dernières années d’opération qu’au cours des 25 années précédentes sous le cadre règlementaire actuel. MERCI UBER!

Ça roule pour Téo! Le véritable chevalier blanc de l’industrie.

Tout bon héro a besoin d’un vilain pour se dépasser. Du chaos émerge l’entreprise créé par Alexandre Taillefer. Téo est une élégante solution conçue localement et qui dessert mieux les montréalais. Téo ressortira vraisemblablement la grande gagnante du projet de loi sur l’industrie du taxi.  Le service est impeccable et j’encourage à tous de l’adopter. Les instigateurs du projet ont le mérite de respecter en tout point les lois et de mener le prochain bond en avant de l’industrie. Si l’on pense aux 25 prochaines années, il faut se doter de politiques qui permettront à des solutions novatrices et flexibles de mieux répondre à la demande. Téo est une amélioration substantielle vis-à-vis les exploitants actuels, mais nous devons aller encore plus loin. La réglementation proposée repousse le villain américain Uber, mais empêche également la création d’une solution québécoise de covoiturage payant.

Montréal : ville résiliente?

Je suis convaincu qu’un service de covoiturage a le potentiel de bien s’intégrer dans le « cocktail transport » montréalais et de bonifier l’offre actuelle. Déployé massivement à grande échelle, des services à architecture ouverte tels que les Uber et Lyft de ce monde ont comme avantage de contribuer à changer les habitudes de transport des gens et d’augmenter la taille du marché du taxi. La nouvelle réglementation encadre plus strictement l’industrie en relevant les barrières, mais il n’y a pas de rupture avec le statut quo. On parle de plus en plus du concept de ville résiliente. À cet égard, le cocktail de transport de montréalais gagne à être davantage flexible pour mieux desservir la demande en période de pointe. Montréal ne serait pas en mesure d’adéquatement accueillir des événements ponctuels d’envergure internationale avec une flotte de taille fixe.

Le futur du travail.

Avons-nous tourné le dos à l’économie du partage alors qu’elle ne fait que prendre son envol? Le vrai objectif d’Uber est de devenir une plateforme logistique facilitant une multitude de services.  Nous avons seulement vu la pointe de l’iceberg à Montréal. Au-delà d’Uber, il est impératif de faire évoluer les règlementations québécoises, car le milieu du travail risque d’être fort différent dans le futur. Les québécois devront faire preuve de flexibilité et d’entrepreneuriat et nous devons enlever tous les freins possibles. Des plateformes comme Uber, Etsy, La Gare, Crew facilitent les échanges entre professionnels, créateurs, artistes, entrepreneurs. Je pense que l’on devra tous faire preuve de polyvalence et de flexibilité pour exceller dans ce nouveau contexte.

Le rôle du gouvernement.

Le gouvernement ne devrait pas limiter les choix des consommateurs. La population est bien informée et apte à faire des choix éclairés en fonctions de ses besoins et de ses valeurs. Le gouvernement poursuit dans tradition québécoise de dirigisme économique en choisissant les gagnants. Dans une région aux prises avec un taux de chômage élevé, on enlève une option aux citoyens débrouillards qui possèdent un esprit entrepreneurial à la recherche d’un revenu d’appoint. La bonne nouvelle est que la nouvelle règlementation permettra aux chauffeurs de taxi de moduler leur tarification selon le jour ou la période du jour au cours duquel le service est offert, ce qui devrait permettre un meilleur appariement de l’offre et de la demande. L’autre bonne nouvelle est de forcer progressivement l’électrification de la flotte de taxis sur les 5  prochaines années. Malheureusement c’est une autre saga qui risque de nuire à l’image de Montréal à l’étranger.

L’opportunité manquée.

Les chauffards peuvent crier victoire à court terme, mais leurs jours sont comptés.  Alors que l’on débat au Québec des vertus des nouveaux modèles d’auto-partage, à Singapour on est en voie d’implanter un service électrique de taxi-robots. Singapour espère ainsi diminuer de 60% le nombre de véhicules en circulation! Ceci est être avant-gardiste! Avec nos excellentes universités, Montréal aurait été capable de se positionner comme leader dans le domaine des véhicules autonomes. Avec nos conditions climatiques et notre réseau routier extrême, j’imagine peu de circuits plus challengeant pour tester des véhicules autonomes! Ann Arbor saisit cette opportunité en se positionnant comme centre d’excellence pour l’industrie automobile. Voir l’impressionnant terrain de jeu de 32 acres de MCityToyota vient d’annoncer des investissements d’un milliard de dollars.  Au Canada, les premières voitures autonomes déambulent sur ses routes de l’Ontario depuis janvier 2016, faisant de nos voisins la première province canadienne à en autoriser la circulation. Le gouvernement ontarien emboîte ainsi le pas à la Californie et au Nevada, véritables incubateurs de ces véhicules « intelligents ».

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About Ludovic Dumas

Ludovic transforms innovative companies into world-class organizations. He is an investment professional at an investment firm representing the interests of one of the most successful families in Canadian business. Before joining the private equity world, Ludovic was an investment banker at CIBC and with ING Group’s investment banking team in Frankfurt, Germany. Mr. Dumas was also a management consultant with Deloitte where he worked on corporate strategy, restructuring, market analysis, due diligence, and economic development mandates. Specialties Mergers & acquisitions, capital raise, corporate strategy, entrepreneurship.
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